Cap sur les Scilly – carnet de croisière

Juillet 2025 :

Sur Aqua Aura, Bavaria 39 cruiser de Pascal, avec Philippe et Jacky

Jour 1 – départ au couchant

En fin de matinée, le ponton s’affaire pour les derniers préparatifs. Éliane nous a gratifiés de ses bons petits plats, des cakes au saumon au flan coco en passant par les plats à réchauffer et sa fameuse joue de bœuf, le frigo est bien rempli.

Les sacs sont à bord, les pleins faits, les cartes marines étalées sur la table à cartes à côté du pilote côtier, tout est prêt !

Le soleil décline doucement derrière les collines de la Vilaine quand on largue les amarres. Le moteur ronronne doucement tandis que le bateau glisse vers l’écluse d’Arzal. Une fois le sas franchi, La rivière se vide de son agitation diurne.

La nuit tombe dans la baie de Quiberon et le vent s’établit à 20 Nds N/E. Sous les premières étoiles, on règle la trinquette pour profiter de la brise de Nordet. Aqua Aura file à 8/9Nds

L’aventure commence. Le vent a fraîchi, l’équipage prend ses marques et les Quarts s’établissent.

On passe la Teignouse, on laisse Groix sur notre Tribord, et au petit matin les Glénans.

Jour 2- Après une nuit tonique, la côte sud Finistère se dessine. Les alignements familiers de la pointe de Penmarc’h apparaissent à l’horizon. On entre au petit matin dans le port de Lesconil , entourés de quelques chalutiers colorés.

Les amarres sont à quai, le petit déjeuner se prépare.

Première escale, premiers rires, on attend dans la matinée l’Océanis 35 de François et Patrick de la Roche Bernard, qui feront route avec nous jusqu’à Camaret.

L’air sent l’iode et la brise de mer. La croisière commence à prendre le goût du large.

Jour -3 Raz de sein /Morgat, cap au Nord-Ouest

Le lendemain, le vent d’ouest s’installe franchement. On quitte Lesconil au petit matin, les voiles bien pleines. Le bateau avance à vive allure vers le Raz de Sein et la baie de Douarnenez. La lumière est superbe, les falaises de Crozon apparaissent dans un camaïeu de gris et de vert. L’entrée dans Morgat est un plaisir : les grottes marines, les falaises dorées, le calme du port. Nous arrivons au ponton visiteur en début d’après-midi.




Nos amis de La Roche Bernard nous rejoignent 2 heures plus tard ; l’apéro sera festif et la nuit paisible, bercée par le clapot et les mouettes.

Jour 4 – Repos Morgat, Méteo délicate

On relâche une journée.

La météo se complique et les questions arrivent. Coup de vent sur le Sud-Ouest de l’Angleterre, vent fort de N/O, peu ou pas de fenêtre pour les Scilly. Peut-être le sud de l’Angleterre en passant par les Anglos ? Jacky est à l’œuvre sur les options et les modèles météo.

Jour -5 Camaret : 27 nœuds au près

La dépression est toujours là mais il faut monter à Camaret.

Départ en début de matinée, le ciel s’assombrit, la météo l’avait annoncé : 25 à 30 nœuds de vent d’Ouest. On réduit la toile dès la sortie du port, 1 ris, trinquette. Le bateau gîte, file dans les crêtes d’écume. Les embruns fouettent les visages, les sourires sont tendus mais vrais.

Le passage du cap de la Chèvre est sportif. Les Tas de Pois, dans la purée de pois et au loin l’Océanis 35 qui nous file le train.

Camaret apparaît enfin, refuge bienvenu derrière le Sillon. À quai, on se détend et après un bon casse-croûte, la bière a un petit goût de victoire.

Jour-6 Repos Camaret

Ça tape, 30 nœuds établis, le Goulet est bien blanc, on laisse passer le coup de vent, en espérant que demain sera mieux. En fin de journée, cela s’arrange ; demain cap sur Ouessant.

Jour 7 – Ouessant, mouillage dans la baie de Lampaul

On largue les amarres vers 9h00, La mer s’est apaisée. On met le cap au Nord-Ouest, vers Ouessant, la mythique.

L’île se devine dans la brume, ses falaises abruptes, ses phares majestueux. Après une journée calme à tirer des bords dans les courants, on jette l’ancre dans la baie de Lampaul, havre turquoise bordé de maisons blanches.

On débarque en annexe, on marche jusqu’au bourg. L’air est chargé de sel et d’histoire. Après un apéro saucisson dans un bistrot de l’île, on remonte à bord,

Le soir, le coucher de soleil embrase la baie : instant magique !

Jour 8– Traversée vers les Scilly : la pétole

Le lendemain, la Manche s’étale comme un miroir. Pas un souffle de vent. Le moteur prend le relais, ronron obstiné pendant de longues heures. On passe le rail sans difficulté. Les dauphins viennent jouer à l’étrave, l’équipage somnole entre quarts, sandwichs pâté et cafés tièdes.

La nuit tombe lentement, la mer reste d’huile. À l’aube, après un rapprochement un peu trop intime avec un chalutier de Sa Majesté, les silhouettes des îles Scilly émergent de la brume matinale.

Jour 9 – Sainte-Marie, l’arrivée au petit matin

L’entrée dans le port de Sainte-Marie se fait dans une lumière de nacre. Les maisons basses, les bouées rouges et vertes, les odeurs d’algues, de poissons … et de gasoil ; tout respire la fin de traversée. On prend une bouée, on se regarde : on y est !

Un petit-déjeuner copieux célèbre l’arrivée. Quelques heures plus tard, direction le bourg pour visiter Ste Marie, son port, ses plages et ses maisons typiques, nous sommes ailleurs, on découvre !

Jour 10 – Découverte de l’île de Tresco

Après le petit déjeuner, on embarque sur la navette direction l’île de Tresco.

Débarqués sur l’Île, nous marchons jusqu’aux jardins subtropicaux de l’abbaye .

Nous flânons à notre guise dans les magnifiques jardins de ce joyau caché, établi autour des ruines d’une abbaye bénédictine. On se laisse guider par les sentiers sinueux et les plantes exotiques, les imposants palmiers et les arbres à flammes géants. On guette les écureuils roux et les majestueux faisans dorés, et après une pause pour apprécier les magnifiques sculptures et les figures de proue fascinantes du musée de Walhalla. Nous cherchons un petit resto.

Ambiance surréaliste et hors du temps, où les gens prennent le temps, on contemple, on regarde, on rêve… mais il est déjà temps de reprendre la navette.

Jour -11 repos Ste Marie

On regarde la météo, on extrapole les tendances : une option nous paraît favorable, le retour est pour demain, départ prévu en début d’après-midi.

Retour-12 Retour express

Le retour s’annonce rapide. Une fenêtre météo favorable, mais un rail très chargé : vigilance maximale !

Départ vers 14h00, 15/20nds de travers, le bateau accélère, ça galope .

Les feux de navigation s’allument un à un sur les bateaux au loin. Les cargos défilent, monstres d’acier sur le radar faisant route à 15/18 Nds. Les quarts se succèdent dans la nuit, les yeux rivés sur l’écran AIS pour éviter les routes de collision.

Aqua Aura file à 10Nds, le rail est très chargé, il va falloir trouver une porte de sortie. On se fait flasher à 12 Nds sur l’AIS par Marine Traffic, je ne savais pas que le bateau en était capable.

Jour- 13

À l’aube, la côte bretonne se profile à nouveau. Fatigue, fierté, silence. Le cercle est bouclé.

On aperçoit Ouessant sur notre bâbord, le timing n’est pas bon, nous ne serons pas à l’heure pour le Raz de Sein. La décision est prise : on passe au large de l’île de Sein.

La chaussée de Sein, endroit magique s’il en est, combine le minéral, l’océan et la vie marine.

AR-MEN, phare emblématique et les fluctuations naturelles de ses lumières au petit matin rendent cet endroit particulièrement inspirant. Un phoque daigne venir nous saluer au milieu de cette beauté brute.

Nous ferons pour la seconde fois escale à Lesconil et nous redescendrons gentiment par les ports bretons que nous apprécions tant.

Épilogue

De la Vilaine aux Scilly, en passant par les caps et les îles, la mer a tout donné : le vent, la pétole, les embruns et les éclats de rire. Deux semaines hors du temps, suspendus entre ciel et sel.

Retour en haut